Dans un univers où “être visible” est plus important et valorisé que l’éthique ou la morale, l’envie d’augmenter artificiellement son nombre d’abonné·es (ou d’autres chiffres) peut sembler être une bonne “astuce”.
Sur les réseaux sociaux, cette pratique est courante – il suffit de taper “acheter des abonnés Instagram” sur Google pour tomber sur une page entière remplie de sites plus ou moins louches qui proposent de passer du côté obscur de la force.
Pourtant, derrière ces chiffres séduisants (qui n’a jamais rêvé se réveiller avec une fanbase digne de ce nom sur Instagram ?), il y a de véritables enjeux sociétaux, écologiques, éthiques mais aussi stratégiques.
Dans cet article, je te partage des données essentielles à avoir en tête quand tu envisages de sortir la CB pour faire grimper artificiellement ton nombre d’abonné·es, et ce que tu peux plutôt faire à la place.
C’est un sujet uuuuultra vaste que je trouve passionnant, j’ai donc fait pas mal de recherches pour appuyer mes propos et je te conseille vivement de les lire en complément de cet article (dans les liens directement).
Pourquoi acheter des followers en 2026 ?
Derrière l’achat d’abonné·es, se cachent de véritables enjeux légitimes que je tente de comprendre tant bien que mal – mais j’avoue, pour moi qui suis community manager freelance, c’est lunaire !
Donner l’impression d’une large audience pour augmenter ses opportunités.
Certaines marques, certains acteurs de l’influence ou certaines personnalités politiques (🙄) veulent faire l’illusion qu’elles fédèrent plus d’utilisateurs des plateformes sociales que ce n’est réellement le cas. Les raisons sont nombreuses :
- pour les influenceurs et influenceuses : la volonté peut être de se faire bien voir des marques pour obtenir des partenariats, parce que plus d’abonné·es = plus de force de frappe aux yeux des investisseurs. Ou bien aussi de combler un besoin de reconnaissance, la sensation d’être “hype” aux yeux des autres. On est bien d’accord que ça pose un gros problème de réalité, de véracité du pouvoir d’influence et d’authenticité…
- pour les marques : souvent les marques veulent combler un besoin de crédibilité, donner l’impression qu’elles sont plus “connues” qu’elles ne le sont vraiment, qu’elles ont une grande communauté… alors qu’en fait c’est trois pélos qui se battent en duel 🤷🏻♀️
- pour les freelances, prestataires de services, formatrices, coachs : là on est sur un effet similaire, on veut prouver à nos prospects qu’on vaut la peine, qu’on rassemble, qu’on est crédible. (c’est pas forcément le nombre d’abonnés qui garantie la qualité ni l’expertise mais bref…)
Se faire bien voir auprès de l’algorithme.
Certaines croyances circulent comme quoi Instagram notamment, valoriserait plus les comptes avec beaucoup d’abonnés que les plus petits comptes. Qu’il faudrait atteindre notamment le palier des 10K abonné·es pour peser dans le game. Qu’il n’y aurait plus aucune chance de percer aujourd’hui et que chercher à augmenter sa communauté organiquement (sans achat d’abonnés, sans triche et sans publicité), c’était tout bonnement impossible.
Bon pour te rassurer, rien de tel n’a été validé par Instagram Creators ou Adam Mosseri (le patron d’Instagram). 🤷🏻♀️
Mais des gens partent donc du principe que seules les méthodes non organiques (achat d’abonné·es + publicité) permettent d’atteindre ces paliers et d’être enfin dans les petites papiers des réseaux sociaux.
Malheureusement, même si on aimerait tous et toutes être un peu plus suivies sur nos canaux de communication, il faut tout de même penser aux conséquences non-négligeables de ces achats douteux de clics, de likes et d’abonnés.
Acheter des followers : un geste loin d’être anodin pour des raisons écologiques et éthiques.
Tout ce qu’on fait en ligne a un coût. Les faux abonné·es utilisent eux-aussi de vraies ressources, ce n’est donc pas anodin comme geste, même si en un clic on peut en voir débarquer 300 sur son compte.
Acheter des abonné·es, ce n’est pas seulement une question d’image de marque ou de crédibilité sur le marché – ce serait trop simple. Derrière les plateformes et outils qui vendent des abonnés par lots, il y a souvent des fermes à clics c’est à dire des hangars entiers, souvent dans des pays d’Asie, avec des serveurs gigantesques qui fonctionnent en continu. Parfois ce sont des machines qui tournent presque toutes seules, parfois ce sont des employé·es payé·es au lance-pierre, avec de dizaines de téléphones, qui ont pour consigne de créer ces faux profils à la chaine.
Acheter des followers, ça revient donc à alimenter un système ultra problématique qui repose sur :
- des milliers de serveurs qui tournent H24 pour faire exister des faux profils, serveurs qui sont refroidis par air ou par eau et qui ont une empreinte carbone conséquente (tout ça pour avoir plus d’abonné·es que ta concurrente, franchement…)
- des entreprises qui exploitent allègrement des ressources précieuses, qui détruisent des forêts entières, des écosystèmes précieux autour des villes pour construire leurs data centers, souvent dans des zones ou pays où la régulation environnementale est faible voire inexistante
- beaucoup de ressources et d’énergie dépensées qui contribuent concrètement à une pollution numérique accentuée (comme si on avait besoin de ça…)
Et au-delà des enjeux écologiques qui devraient déjà t’interpeller, il y a l’éthique.
Acheter des abonné·es en tant qu’entreprise, c’est quelque part mentir à sa communauté – même involontairement. C’est présenter une meilleure version de soi-même, une version enhanced by IA, une illusion de popularité au détriment du coeur d’une relation commerciale : la confiance.
La question de l’éthique et de la morale dans la croissance artificielle sur les réseaux sociaux.
Sur les réseaux sociaux, les chiffres ne disent pas tout. Ce qui compte, c’est les véritables humains qui lisent, réagissent, commentent, partagent. Celles qui s’engagent, qui donnent de leur personne et qui entre dans une relation parasociale et/ou commerciale avec ton compte professionnel.
Les abonné·es que tu as acheté pour 29€, ils font quoi eux d’après-toi ? RIEN. Nada. Niente.
Si tu te demandais encore si les 1000 abonnés que tu peux acheter pour une somme ridicule sur un site douteux étaient de “vrais profils”, je crois que tu as ta réponse. 🤷🏻♀️
Ils sont abonnés, certes, mais ne font rien d’autre. Ils ne deviendront jamais des prospects et encore moins des clients. Ils ne partageront jamais tes contenus à leurs proches ou collègues parce qu’ils veulent t’aider à te faire connaître. Ils ne te recommanderont jamais à d’autres. Ils ne feront pas de témoignage pour tes services.
Ils sont aussi actifs que ton ex quand tu lui demandais de faire quelque chose dans l’appart : c’est à dire rien, et disparaître aux toilettes pendant des heures. 🙄
Et malheureusement, ce décalage entre quantité de followers affichée et engagement réel sous tes publications, ça se voit. Comme le nez au milieu de la figure ! Depuis la Lune, même !
- l’engagement baisse drastiquement : parce que tu achètes des abonné·es, pas des interactions, donc ton nombre de followers augmente mais tu as toujours les même personnes qui engagent avec tes contenus, les fake followers deviennent des plantes vertes
- tes posts sont montrés à moins d’utilisateurs parce que même l’algorithme trouve ça bizarre qu’autant de personnes soient arrivées tout d’un coup sur ton compte
- tes statistiques deviennent tout bonnement inutilisables pour comprendre ce qui fonctionne parce que l’arrivée des abonné·es fantômes a faussé les insights
- ton score sur les outils d’analyse de compte chute et ces outils recommandent de la méfiance vis à vis de ton compte Instagram
→ alors imagine un peu ce qui va se passer quand un potentiel client, une marque ou un·e partenaire va découvrir le pot-aux-roses ? Hype Auditor, un outil de marketing d’influence, a publié un rapport en 2022, qui faisait état de +49% des comptes influenceurs qui s’étaient au moins appuyés sur des achats de fake followers. 49% ! C’est énorme !
Pour une entrepreneuse solo, une freelance ou une marque personnelle, la transparence n’est pas une simple valeur qu’on affiche sur son site. Ça doit être un pilier de notre communication, dans le coeur de notre ADN.
Parce que tu ne vends pas une image, tu vends une relation crédible et honnête. Et la confiance ne s’achète pas à grands renforts de followers ou de likes, mais elle se construit.
Gagner des abonné·es sur les réseaux sociaux sans tricher : le mode d’emploi.
Qu’est-ce qu’on fait quand on veut augmenter son nombre d’abonné·es sur les réseaux sociaux ? → On ne cherche pas à gonfler les chiffres artificiellement et on cherche à bâtir une communauté vivante.
Tout part d’une connaissance pointue de sa cible (et pas juste de son profil socio-démographique) mais plutôt de ses besoins, de ses freins, de ses codes culturels, de ses attentes, de ce qui la fait agir et réagir.
Je te liste quelques principes simples pour amorcer cette démarche :
Parler à des humains derrière les écrans pas à des chiffres :
Chaque post doit avoir une intention claire et s’adresser à un véritable humain. C’est comme pour le SEO, comme pour cet article, je l’écris pour toi, pas pour l’algo 💖
Et pour faire la différence, pour encourager les personnes à s’abonner puis à engager, tu dois leur faire ressentir un truc, leur donner envie de rester (et pas en suppliant ton ex toxique de te reprendre, ok ?).
Stimuler les interactions sincères :
Sois la première à initier les discussions, à poser des questions en commentaire ou en DM, à engager la conversation via des stickers en story ou via une question que tu poses à la fin de ton post Linkedin (el famoso CTA pour Call to Action).
Exit les messages de prospection full IA, sans saveur, sans personnalité ni personnalisation (on vous voit, les entrepreneurs qui envoient des DM de prospection qui savent pas récupérer l’ID du prénom de la personne destinataire… 👀).
Exit aussi les messages automatiques qui s’envoient à chaque fois que tu n’es pas connecté·e et qui viennent s’intercaler entre une question de ton contact et ta réponse.
Et pour obtenir de véritables interactions basées sur les réactions de ton audience, tu dois aussi y mettre du tien. Comme tout, c’est à double sens, tu dois toi d’abord injecter de l’humain et du vrai dans tes interactions pour obtenir la même chose.
Apporter de la valeur.
Quand j’ai commencé la création de contenus en 2020 sur mon compte Instagram @theblondiemaud, c’était l’apogée du contenu “éducatif”. C’était ce qu’on appelait “le contenu de valeur”. Parce qu’on apportait sur un plateau d’argent une réponse à un problème, une liste de solutions, des outils, des méthodes, un plan d’action.
À l’époque, le contenu éducatif n’avait qu’une représentation : un carrousel (10 slides maximum à l’époque !), une accroche du genre “5 conseils pour”, “3 tips pour” et du texte, beaucoup de texte.
Des publications rédigées pour le grand public, sur des thématiques simples, une version un peu plus fun et illustrée que Wikipédia si tu veux 🤭
À l’inverse, les réels c’était tout nouveau (ils sont arrivés en 2020/2021 en France) et leur objectif était clairement de divertir et concurrencer TikTok.
Aujourd’hui, avec la montée en puissance de l’IA générative dans la création de publications, on doit changer la manière dont on diffuse du contenu à visée éducative – et donc revoir notre notion de “contenu de valeur”. Certain·es expert·es crient à la mort du contenu éducatif. Je ne suis pas aussi radicale dans mon approche de la communication, parce qu’on peut apprendre de bien des manières et parce que le contenu éducatif doit tout simplement évoluer.
→ Nos prospects, notre audience, nos clients auront toujours besoin qu’on les aide à voir les choses différement, qu’on réponde à leurs questions, qu’on leur propose des solutions.
Bref, si tu veux apporter de la valeur à ton audience, tu dois te sortir les doigts du nez.
❌ À ne plus faire pour apporter de la valeur à ses contenus dans une IA era.
- simplifier le propos à l’extrême jusqu’à rendre le propos vide. Simplifier oui mais ton post doit rester indépendant du reste de ta communication et pouvoir servir un intérêt pour ton audience. Le public qui consomme sur les réseaux sociaux aujourd’hui est plus mature, plus “chipoteur” avec ses contenus mais il veut toujours comprendre, pas juste “savoir vite”.
- lister des conseils génériques sans contexte du genre “5 astuces pour vendre plus”. Mmmmh, ça, c’était même pas acceptable à l’époque mais ça l’est encore moins aujourd’hui. Apporte du contexte, détaille en légende ton visuel, évite que ça soit flou, que ça ne serve à rien.
- parler en surface de concepts, méthodes ou tendances sans montrer l’usage réel. C’est fini les formats rapides qui sont creux, pour être crédible tu dois passer de la théorie à la pratique.
✅ À faire pour apporter de la valeur dans ses contenus dans une IA era.
- sortir du carcan “carrousel = contenu éducatif” VS “réel = contenu ludique” (par exemple). Prends le réflexe de mélanger les formats, les amorces de posts, les techniques de mémorisation… parce que la manière de consommer du contenu éducatif a changé. Ose des hybridations de contenus éducatifs avec des formats qui n’y sont pas traditionnellement pas associés (vidéo TikTok, story Instagram, post en plusieurs volets sur Threads…).
- ancrer les contenus à visée éducative dans la réalité : au lieu de partir de la théorie, pars de cas pratiques (exemples de clients, situations vécues ou racontées, anecdotes, scénarios fictifs…). On veut du concret ! On veut, en tant qu’audience ou futur·e prospect·e, se sentir impliqué·e, avoir des points communs.
- travailler la pédagogie visuelle : tout ce qui peut permettre de transmettre l’information autrement que part la lecture d’un bon gros pavé de texte est bon à prendre. Audio, petits éléments rajoutés, sous-titres, vidéo, dessins, schémas… Le but n’est pas de “pimper son carrousel” mais bien de rendre la compréhension fluide et intuitive.
Bref, il est grand temps de revoir sa pratique de création de contenus pour atteindre sa cible, avoir de la visibilité et faire mouche.
Parce que c’est ça une stratégie social media sans triche : une approche qui mise sur la transparence, la crédibilité et la confiance à long terme plutôt que la course à une satisfaction futile.
Acheter des abonné·es, c’est répondre à une peur pourtant bien réelle et totalement compréhensible : celle de ne pas être visible. De ne pas être vu·e ou pas suffisamment pour faire survivre son business.
Et même si cette peur est tout à fait entendable – qui souhaite être invisible et devoir fermer sa boite faute de client·es ? – elle se transforme vite en dépendance aux apparences (notamment aux vanity metrics).
Une stratégie de communication durable et authentique ne reposera jamais sur des pratiques aussi peu recommandables que d’acheter des followers Instagram, rejoindre des groupes d’engagement ou faire du chantage à l’algorithme.
Une stratégie de contenus NE DOIT PAS dépendre sur un algorithme (qui change tous les 4 matins) ni impressionner l’algorithme.
Alors oui, quand on sort un peu de la matrice, qu’on envisage de faire les choses légalement et de manière éthique, ça prend plus de temps, mais on gagne une véritable communauté engagée, composée de vraies personnes qui écoutent, réagissent et participent.
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