Youtube fait partie de ces plateformes dont on annonce régulièrement le déclin, voire la mort mais dans lesquelles tout les acteurs continuent d’investir. Youtube, c’est 2,5 milliards d’utilisateurs actifs en 2025 d’après Métricool, +76% de vues de vidéos postées par rapport à l’année précédente (même si la moyenne d’engagement a bien baissé).
Les marques sont loin de déserter la plateforme, à la fois en leur nom propres avec leurs propres chaînes Youtube dont certaines cartonnent vraiment mais aussi en se rapprochant de créateur·ices, de personnalités de l’influence pour des partenariats, collaborations ou sponsoring.
Mais alors, en tant que solopreneur·se, est-ce que ça vaut le coup de se lancer sur Youtube en 2026 ? Est-ce que ça a un intérêt ? Parce que je t’arrête tout de suite, lancer une chaîne Youtube c’est pas juste poster 1 vidéo de temps en temps et attendre patiemment que “ça marche”. Ce serait bien trop facile !
Youtube, c’est une plateforme qui demande un gros investissement personnel. Il faut y consacrer du temps et de l’énergie sur le long terme, se former au montage et au cadrage, savoir faire des miniatures attrayantes, rédiger des légendes dignes de ce nom, travailler son SEO Youtube et surtout… savoir optimiser tout ça pour faire croitre la chaine. Tout de suite, c’est moins un canal de communication passif ou “pour les flemmards”.
C’est un projet de fond qui demande une vraie réflexion stratégique mais qui peut devenir un levier de croissance hyper puissant s’il est bien utilisé. C’est pour ça que dans cet article, je te propose une approche concrète de “comment se lancer sur youtube en 2026 quand on est entrepreneuse”, basée à la fois sur les informations stratégiques essentielles à connaître… et aussi sur mon expérience personnelle de Youtubeuse sur ma chaîne Theblondiemaud depuis 2020.
Let’s go!
Pourquoi lancer une chaîne Youtube en 2026 quand on est freelance ou entrepreneuse ?
Avant toute chose, ce qu’il faut bien avoir en tête avant de créer sa chaîne Youtube d’entrepreneuse, c’est “pourquoi” on veut se lancer.
Quelle est la raison qui te pousse à investir ce nouveau canal de communication ?
Si je te pose la question, c’est parce que certes tout le monde a sa place sur Youtube, mais tout le monde n’a pas forcément intérêt à s’y investir. Contrairement à des réseaux sociaux comme Instagram ou TikTok où l’instantanéité règne en maitresse, Youtube ne fonctionne pas uniquement sur la viralité courte ou sur le caractère instantané de ses contenus.
Youtube, c’est le royaume des contenus “longs”, pensés pour être recherchés sur Youtube ou Google directement, pour traiter de sujets parfois complexes ou pour plonger les internautes dans un univers.
À partir de là, une entrepreneuse/freelance peut voir Youtube comme un réel outil de communication et levier de performance pour :
• poser une expertise en profondeur
• travailler sa crédibilité en ligne dans des formats plus intimistes, concrets & explicites
• attirer une audience qualifiée qui a moins le scroll facile
• créer des contenus “evergreen” qui travaillent pour toi même quand t’es en vacances
Mais je veux être claire sur un point très très très important, Youtube n’est ni une garantie d’un succès rapide, ni une plateforme facile à prendre en main ni une baguette magique pour devenir Squeezie.
Dans mon cas, ma chaîne Youtube ne m’a pas apporté des résultats immédiats, même pas du tout. J’ai longtemps stagné dans mon nombre d’abonné·e – j’en ai d’ailleurs parlé en détails dans une vidéo sur mes statistiques Youtube, j’ai tâté le terrain pour choisir mes idées de contenus, j’ai testé des formats variés (avec… et sans succès)…
Mais ce qui est certain, c’est que démarrer cette chaîne Youtube pour les étudiant·es en 2020, ça m’a apporté :
- une véritable légitimité dans le petit univers des conseils pour les études
- une capacité à créer du contenu pertinent, juste et qui ne dépend pas des tendances
- une communauté qui participe elle-même à l’avenir de la chaîne en commentant, likant et me rejoignant sur mes autres canaux
C’est pour ça que la question n’est pas “est-ce que Youtube marche encore ?”, mais plutôt est-ce que Youtube est un choix pertinent pour ton activité, ton énergie disponible et ta stratégie globale ?
Lancer une chaîne Youtube en 2026 : une question de stratégie, pas de hasard.
Entre toi et moi, ce qui fait échouer beaucoup de chaînes Youtube – et qui a bien failli signer la fin de la mienne -, c’est pas le manque de compétences techniques ou de volonté, mais bien l’absence de cadre stratégique.
On a plus 12 ans et Youtube c’est pas juste un passe-temps entre les cours pour poster des tutos maquillage ou des ouvertures de boosters Pokémon.
Avant de penser au matériel dont tu vas avoir besoin, à ton style de montage ou au fonctionnement de l’algorithme, tu dois préparer le terrain.
Je te propose dans cet article une approche simple et concise en 5 étapes, spécialement pensée pour les entrepreneuses et freelances qui se lancer sur Youtube sans s’éparpiller ou se cramer.
Étape 1 : Clarifier son positionnement (avant de penser au contenu).
C’est clairement l’étape la plus sous-estimée et pourtant la plus déterminante.
Si Youtube a toujours été dans un coin de ta tête, le beau jour où tu te dis “et si je me lançais sur Youtube”, tu vas sûrement avoir envie de publier plein de vidéos pour le kiff. Alors ouais, ça va être sympa 2 minutes, mais la plateforme va pas comprendre ce que tu fais réellement et à qui te recommander – j’ai déjà dit que Youtube marchait beaucoup par la recommandation ?
Se lancer sur Youtube sans positionnement clair, c’est prendre le risque de :
- parler à tout le monde (sans que personne n’arrive à savoir si ça lui correspond)
- produire des vidéos sans cohérence, sans fil et sans but
- attirer une audience qui n’est pas ta cible
Alors pour éviter de tourner en rond pendant 6 mois, pose-toi ces quelques questions :
- à qui s’adresse ma chaîne, qui je veux attirer ici ?
- qu’est-ce que je veux traiter comme problématique ? à quoi je veux que ma chaîne serve ? (rendre mon entreprise plus humaine en publiant des vlogs ou des coulisses ? montrer mon expertise dans des cas clients, formats documentaires ?)
- qu’est-ce que je fais pour me différencier ? quelle nuance j’apporte ? qu’est-ce que je fais mieux que quelqu’un d’autre ?
Dans mon propre parcours youtubesque, mon positionnement a subi quelques évolutions. Et c’est normal, à intervalles réguliers, ton positionnement, tes offres, ton tunnel de vente ou ta cible vont évoluer, et tu feras intervenir les changements sur tous tes canaux de communication le temps voulu.
Mais ce qui a changé pour moi, c’est le moment où j’ai arrêté de courir après mes rêves d’ados et que j’ai arrêté de vouloir “tout dire”, pour commencer à choisir un angle clair.
Étape 2 – Définir une direction artistique personnelle et cohérente.
Avoir une DA sur Youtube, c’est pas juste pour faire joli (tout comme sur Instagram, sur son site ou n’importe où ailleurs). Avoir un univers reconnaissable, c’est la clé ultime pour créer des repères et capter l’attention.
Miniatures, titres, structure de ta description, photo de profil, bannière, style de montage, rythme, ton de voix, sons, concepts-clés, intro/outro… tout participe à la création d’une expérience. Mais attention, avoir une DA claire ne veut pas dire qu’il faut un truc sophistiqué ou chiant à mourir.
En 2026, ce qui fait fonctionner une chaîne Youtube c’est avant tout :
- une cohérence visuelle reconnaissable (les mêmes couleurs et typos entre tes vidéos, sur tes visuels type bannière et photos de profils, sur les posts communauté)
- des titres clairs, explicites et qui indiquent vraiment le sujet de la vidéo (on oublie les titres putaclics, Youtube n’aime pas ET l’audience en a horreur)
- un montage au service du propos, pas l’inverse (les zooms et les cris toutes les 30s, c’est pas forcément très adapté pour une formatrice business ou un coach en prospection, si tu veux mon avis)
Personnellement, là aussi j’ai fait évoluer ma direction artistique. Mon identité visuelle a changé 2 fois, mon style de montage s’est agrémenté de petits éléments, j’ai créé une base de sons que j’utilise de manière récurrente… bref, ça a bougé !
Je rajouterai aussi, que si tu es déjà présente sur d’autres canaux de communication, l’idéal c’est de pouvoir créer des liens entre Youtube et ces plateformes au niveau de la DA. Au moins avec des rappels à l’identité visuelle (couleurs, typos, logo, éléments…). N’oublie pas que tes vidéos sont majoritairement vues depuis les fils d’abonnement ou dans la recherche, sans qu’il y ait ni ton nom ni ton logo en gros pour indiquer qui tu es. Tes couleurs, ta DA de manière globale peuvent servir d’outil pour reconnaître ta chaîne parmi d’autres vidéos.
Étape 3 – Intégrer Youtube dans un écosystème de contenus.
C’est bien beau de vouloir créer des petites vidéos sur Youtube, mais ça va être quoi son rôle dans ton écosystème de contenus ?
Tu vas créer uniquement du contenu neuf dessus ? Tu vas republier tes réels Instagram en Shorts Youtube ? Tu vas viser plutôt les formats 16:9 ou les Shorts ?
Le truc à bien retenir, c’est que Youtube ne devrait jamais être un canal isolé.
L’erreur très fréquente, c’est de vouloir lancer une chaîne en plus parce que bidule a dit que c’était la nouvelle tendance marketing 2026 ou que tu veux faire comme la concurrence, sans que cette chaîne n’ait aucun lien avec le reste de ta com’ ou avec ton business model.
À l’inverse, Youtube peut vraiment devenir un outil majeur au coeur de ta stratégie de contenus :
- une base de contenus longs qui peuvent être retranscrits en articles de blog, carrousels… (on aime le recyclage de contenus, ma méthode juste ici)
- des vidéos qui peuvent être transformées en épisodes de podcast ou coupées pour en faire des réels ou des vidéos TikTok
- un point d’entrée vers ton univers via une plateforme qui prend de la place sur Google avec un bon travail sur le SEO (parce que tes vidéos peuvent apparaître dans les résultats de recherche de Google au même titre que tes pages de site, articles de blog et nouvellement tes posts Instagram)
Dans ma stratégie, une vidéo Youtube ne vit jamais seule. Elle alimente mes réflexions, est réutilisée et morcelée pour en faire d’autres contenus sur d’autres canaux, elle sert de relai pour ma crédibilité et ma légitimité et me permet aussi d’alimenter mes autres canaux en visibilité croisée.
Étape 4 – Préparer un calendrier éditorial béton sans s’épuiser.
Je te rassure tout de suite, pas besoin de faire 1 vidéo/jour dès le démarrage. Mais l’idéal c’est quand même d’enclencher un processus de calendrier éditorial rapidement pour pouvoir commencer à faire son petit bout de chemin (et que la plateforme Youtube prenne l’habitude de se dire “tiens, elle publie une vidéo 2 fois par mois, le mercredi”).
Avant de commencer à publier (et potentiellement à partir dans tous les sens), je te conseiller de procéder comme suit :
- définis 3 grandes thématiques que tu vas traiter dans tes contenus : pas besoin de définir un cadre ultra précis, ça peut être des catégories comme “vie de freelance”, “réflexions business” et “expertise” par exemple (ça te servira de mots-clés)
- détermine quelques formats récurrents que tu vas pouvoir préparer en amont et qui vont créer un effet “série” auprès de ton audience
- une part de contenus evergreen, c’est à dire de contenus qui ont vocation à durer
Le but de cette mini to-do list, c’est de t’éviter de tomber dans le piège de “je prévois 1001 trucs et j’abandonne dans 2 mois”. Youtube, c’est pas un sprint c’est un marathon, on le rappelle.
Les vidéos bien pensées que tu produis aujourd’hui pourront encore promouvoir ta chaîne dans 4 ans (mes best vidéos aujourd’hui datent de 2021, 2022 et 2023, qui dit mieux ?).
Étape 5 – Tester, analyser, ajuster (et surtout accepter l’imperfection).
La règle n°1 du créateur ou de la créatrice Youtube qui dure dans le temps, c’est la capacité à optimiser et faire fi de la peur de l’imperfection.
Tes premières vidéos seront certainement pas du Spielberg, elles seront peut-être un peu bancales et cringe, mais elles auront le mérite d’être là. Elles sont des outils d’apprentissage, à partir de là (et en fonction des retours et statistiques), tu pourras améliorer tel ou tel point et faire de chaque nouvelle vidéo, un pas de plus vers une chaîne Youtube qui claque.
Je rajouterai un petit topo aussi sur les fonctionnalités Youtube qui te permettent de faire des tests – notamment l’A/B test pour le titre des vidéos et la miniature. N’hésite pas à faire des tests et à ne garder que celui qui te parle le plus et marche le mieux.
Après, si ta vidéo “floppe”, rassure-toi, ce sera pas la dernière. Toustes les gros créateur·ices ont des flops à leur actif. Pour plein de raisons différentes d’ailleurs, mais n’oublie pas que ce n’est pas qu’une vidéo floppe à un moment T, qu’elle ne connaitra pas son moment de gloire plus tard.
C’est la puissance du référencement, du travail d’optimisation et de la pertinence du sujet.
Et surtout, ne confonds pas l’absence de résultats immédiats avec un échec critique.
Lancer une chaîne quand on entreprend : ce qu’on oublie souvent.
Quand tu décides de te lancer dans la création d’une chaîne Youtube, généralement t’es tout feu tout flamme. T’as 15 idées de vidéos à la seconde, des dizaines de concepts qui te font de l’oeil et une furieuse envie de devenir la nouvelle chaîne tendance.
Bon et puis très vite, tu te rends compte que ça demande beaucoup de temps, que bien souvent, tu n’es pas en mesure de consacrer de manière régulière. Parce qu’entre l’idéation (= le fait de chercher des idées de contenus), la rédaction de briefs, la préparation du matériel, le tournage, le montage, la miniature, la mise en ligne, le SEO, les réglages… ça prend un MAX de temps, même pour une vidéo de 10min.
Alors tu vas réduire le nombre de vidéos, partiellement abandonner… puis complètement délaisser ta chaîne comme si elle n’avait jamais existé (histoire vécue).
Quand j’ai démarré ma chaîne et pendant près de 2 ans, je passais environ 10h par semaine à travailler pour ma chaîne Youtube, en publiant 1 à 2 vidéo par semaine. Dans un agenda d’entrepreneuse, ça peut vite représenter un sacré challenge.
Je te recommande donc de bien réfléchir au rythme de vidéos, à leurs concepts, à leur post-production et leur promotion. Évidemment, si tu as le budget ou que tu ne souhaites pas t’occuper directement de certaines étapes, tu peux déléguer à des freelances spécialisés qui pourront exécuter certaines tâches pour toi.
→ Si tu es perdue sur la stratégie Youtube à adopter pour ton business d’entrepreneuse, je peux t’accompagner et travailler avec toi pour qu’on pose les premières briques de ta future chaîne Youtube !
Alors, prête à sauter le pas ?






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