Ta marque est en cours de création, ton entreprise peut-être même pas encore officiellement crée mais tu te poses déjà THE question : à quel moment communiquer sur la création de sa marque sur les réseaux sociaux ?
Y a cette petite voix dans ta tête qui te dit “attends que tout soit prêt pour en parler, ça fera plus pro”.
Et de l’autre côté, tu sais que pour maximiser tes chances d’avoir un petit public le jour du lancement officiel (voir quelques ventes !), ça peut être une bonne idée de faire du teasing.
Alors on fait quoi ? C’est quoi la solution ?
Spoiler alert : si t’attends que tout soit parfaitement parfait pour lancer ta communication (notamment sur les réseaux sociaux), tu cours droit vers le lancement qui fait un flop. Tu vois le concept du soufflé qui sort du four et qui se raplatit instantanément ? Bon bah là t’es en plein dedans.
→ J’ai fait cette même erreur quand je me suis lancée en freelance en tant que community manager freelance en 2023. J’ai attendu que l’INPI ait validé ma demande de création d’auto-entreprise, j’ai attendu d’avoir définir mes premières offres (notamment mon offre Carte Violette, la formule de community management à la carte), d’avoir mis en place une petite stratégie de communication… bref j’ai beaucoup trop attendu ! Juste parce que j’avais peur de parler de trucs pas finis, je pensais qu’il fallait que ce soit 100% définitif alors que j’aurai clairement du utiliser ma com’ pour faire du teasing, bâtir une petite audience et faire du build in public.
Le piège, c’est de croire que la communication commence le jour du lancement officiel de la marque. Pendant 6 mois, 1 an ou plus, tu restes cachée, personne n’est au courant ton projet (peut-être même pas tes proches).
Et les raisons sont souvent très légitimes !
- T’as peur qu’on te pique ton idée, ton nom de marque, ton angle d’attaque ou pire ton marché (et tout ça, ça se protège au nom de la propriété intellectuelle).
- Tu sais pas par quoi commencer : se présenter ? parler de la genèse de ta marque ? montrer le produit ?
- T’as envie de mettre des étoiles dans les yeux le jour du lancement, comme si t’allais débarquer sur une scène sous les projecteurs pour dire “tadaaaaa voilà le projet”.
- Tu penses que montrer les coulisses, les doutes, les hésitations, les embûches ou les prototypes ratés, ça va “casser la magie”.
Mais le truc qui coince, c’est qu’en restant cachée, tu te prives de ce qui va faire le succès de ta marque au lancement (et ce qui peut vraiment changer la donne) : l’attente et l’implication de ton audience.
Parce que quand tu sors ton nouveau produit et ta nouvelle marque comme ça, de nulle part, personne n’est au courant. Personne n’a suivi l’aventure. À moins d’avoir un budget pub suffisant pour mettre des immenses panneaux publicitaires dans le métro à Paris, y a peu de chance que tu deviennes top 1 le premier jour.
Le piège du “tout ou rien”.
Oui, je sais, c’est pas simple de se dire qu’on va servir un truc imparfait à des milliers de personnes. Sauf qu’au début, y aura trois pélos qui se battront en duel sur tes comptes sur les réseaux sociaux 🤷🏻♀️
Je sais aussi ce que c’est que de flirter avec le perfectionnisme, la peur des jugements et l’auto-sabotage en règle, crois-moi.
Mais crois-moi aussi quand je te dis qu’il y a une différence entre le silence absolu (le rien) et sortir ta marque et ta gamme de produits de ton chapeau le Jour J, avec un site flambant neuf, un shooting photo et des packshots de qualiteeey (le tout) !
Tomber dans ce piège, c’est une erreur stratégique majeure.
En 2026, l’attention est LA pièce du puzzle à ne pas louper.
Aujourd’hui, l’attention est une valeur rare quand on sait que l’attention qu’on porte aux choses, aux conversations, aux contenus (pas que sur les réseaux sociaux) a drastiquement chuté. Tout va vite, on attend de nous toujours plus et il faut être partout à la fois. → Donc forcément, si tu repousses le moment où tu vas capter une audience, tu te tires une balle dans le pied.
Alors que lancer sa communication quand tout n’est pas encore “parfait” au sens de “tout n’est pas encore 100% définitif, les packagings pas validés, le site pas terminé…”, c’est TA chance de commencer à récolter l’adhésion de ton public cible.
Non seulement tu vas peut-être toucher tes premiers clients (et ceux-là, ils ont eu place spéciale dans nos coeurs, et nous dans le leur parce que l’humain adoooore être un “early adopter”), mais en plus tu vas pouvoir mener des tests grandeur nature.
L’importance du build in public.
Le build in public, c’est tout simplement le fait de montrer les coulisses de la création de ton entreprise, de ton projet pendant que c’est en cours. C’est littéralement le fait de “construire en public”.
C’est hyper important à avoir en tête quand tu es en train de créer ta marque en 2026, parce que les consommateur·ices n’achètent plus uniquement un produit, iels achètent une expérience. Un sentiment, une émotion, un lien unique.
Faire du build in public, ça crée de l’attachement. Et quand tu veux sécuriser ton lancement et tes premiers clients, l’attachement c’est ton Graal ! Si on te voit partager tes coulisses, tes hésitations (ce tissu ou l’autre ?), tes petites victoires (youpi on a validé les BAT avec l’imprimerie !) et ta vision de l’entrepreneuriat, clairement on te sent comme quelqu’un d’investi.
→ Et à l’heure des faux business d’artisans à grands coups d’intelligence générative pour faire pleurer dans les chaumières, t’aurais bien intérêt à te démarquer en commençant par là. En partageant ce qui se trame en arrière-plan, tu réchauffes ton audience, tu donnes envie d’adhérer à un mouvement. Et on a envie de te suivre et de te soutenir.
En faisant du build in public, tu as la possibilité de crash tester en direct et gratuitement ton concept d’entreprise. Si tu montres un prototype et que ta petite audience a pas l’air convaincue ou trouve déjà des défauts, tu peux être certaine que c’est le moment de relancer le processus R&D.
→ C’est aussi valable pour tous les autres aspects d’un business : la communication, les stratégies marketing, les arguments commerciaux…
Bref, tu l’auras compris, prendre le pli de communiquer dès le démarrage (même de manière un peu hasardeuse), ça porte clairement ses fruits.
La timeline idéale pour commencer à communiquer sur une marque en cours de création.
Y a pas de schéma parfait à respecter. Ça va dépendre de pas mal de facteurs comme le temps à disposition, le budget pour lancer la communication, la nature même du projet… et les objectifs au lancement.
Ceci dit, pour rendre mes conseils de communication pour les jeunes marques un peu plus concrets, voici comment je vois les étapes de la communication pour éviter l’effet soufflé (et le flop le jour du lancement).
- 6 mois avant le Jour J : création des comptes sur les réseaux sociaux, paramétrage et optimisation des comptes (pour Instagram, il faut sélectionner une image, rédiger une légende, préparer des stories à la une…). C’est aussi le moment où on commence à présenter la marque en devenir via des contenus.
- 4 mois avant le Jour J : une certaine routine s’est installée, les éléments-clés de la marque sont validés les uns après les autres (identité visuelle, nom déposé à l’INPI, packagings, valeurs de la marque…). À ce moment-là, le vrai teasing produit peut commencer avec des “sneak peak” (donc des photos de détails du produit), des contenus qui partagent l’univers autour du produit…
- 2 mois avant le Jour J : tu peux commencer à transformer ton audience qui s’est construite au fil des semaines en une base de contact, par exemple avec une landing page + une newsletter. Hyper pratique si tu veux avoir un contact privilégié avec une audience qui semble être véritablement prête à devenir un soutien de ta marque et si tu veux pouvoir lancer une campagne de financement, une soirée de lancement ou proposer une offre de lancement au “fan club”.
- Le jour J : finalement rien de fou, pas besoin de mettre les petits plats dans les grands, tout coule de source puisque ta marque est déjà présente sur les réseaux, elle a déjà une audience, le bouche à oreille a déjà fait son oeuvre. Je dis pas que t’as rien à faire, mais t’as pas à retourner Internet pour te faire connaître. Là il s’agit plutôt de finir de convaincre l’audience qui s’est crée autour de ta marque.
C’est une timeline indicative, of course, pas une to do list. Chaque marque a un fonctionnement différent en fonction de ce qu’elle va s’apprêter à vendre (c’est pas forcément le même processus pour un produit physique, un produit digital, un service…).
Ne confonds pas “absence” et “secret de polichinelle”.
Protéger ta marque, ton idée, ton concept c’est indispensable. Certes. Mais ça ne veut pas dire être totalement absente des réseaux sociaux et débarquer le jour du lancement ou de la mise en rayon comme un cheveu sur la soupe.
Tu peux garder le secret sur la formulation exacte de ton produit cosmétique, sur le design de ton produit final ou sur la gamme de couleurs de ton sac en cuir, tout en étant omniprésente en ligne et en physique. Communiquer, c’est pas seulement une fois que le produit est sur étagère dans 15 magasins, ça demande du travail en amont.
Petit conseil supplémentaire de bras droit communication et marketing : Je te recommande de bien travailler en amont le dispatch entre la communication de ta marque ET ta communication à toi en tant que cheffe d’entreprise (ou CEO pour les business ladies). → Parce qu’on pense souvent communication de la marque via les réseaux de la marque, mais le premier coup de projecteur sur ta marque peut venir de ta posture de CEO à toi.
Les mois qui précèdent ton lancement peuvent te servir à bâtir ta notoriété, à devenir LA référence dans ton domaine d’activité, à créer du bruit autour de toi. Quand ta marque sortira flambant neuve, tu seras déjà un relai hyper pertinent et la confiance accordée à toi se transfèrera sur ta marque.
Ton plus grand atout quand tu crées une marque à partir de ton jus de cerveau, c’est ta sincérité, ta niaque et ton parcours. T’es pas Steve Jobs ou je sais pas quel self-made-man, t’as pas leur budget pub donc lance-toi, maintenant, sans tarder.
Même si c’est pas parfait visuellement. Même si certains aspects changent en cours de route (y a que les c*** qui changent pas d’avis). Même si ça fait peur !
Lancer son entreprise, créer une marque, c’est pas un parcours de santé. Et les marques qui sortent du lot, c’est pas celles qui font des ronds dans l’eau en attendant qu’on les remarque.
- Jeune marque en création : à quel moment communiquer sur la création de sa marque sur les réseaux sociaux ?
- La vraie raison pour laquelle tu procrastines ta communication digitale (spoiler : c’est pas juste le manque de temps).
- Bonnes pratiques Instagram 2026 (et pourquoi ce n’est pas l’algorithme le vrai sujet)






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